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2 novembre 2011 | Auteur: Jo ^^

Imaginons l’impossible, et qu’on réponde un jour à cette question : qu’a-t-on fait de votre argent ? De qui l’avez-vous reçu, à qui l’avez-vous donné, et à qui, à quoi a-t-il servi ? …
L’argent que vous gagnez à la sueur de votre front, ou même à la sueur d’autres fronts (c’est ça la mondialisation !), et bien cet argent va dans les poches des riches, qui eux-mêmes remplissent des poches plus grandes, et moins nombreuses ! Il transite discrètement de par le monde, fructifiant au gré des aléas législatifs, de niche fiscale en chambre de compensation, se perd dans des rétro-commissions secrètes, finance des guerres ou nourrit la misère, et finit sur un compte bancaire dans un paradis fiscal pour ne même pas faire le bonheur de celui qui le possède. Les très riches s’étant mis d’accord avec les très puissants pour que ceux qui votent les Lois pour les riches s’enrichissent sans faire de vagues, tout s’est toujours très bien passé tant que cela restait discret, et qu’ils n’étaient pas trop nombreux…
Mais la crise et les outils de médiatisation ont transformé la donne : la véritable nature du capitalisme apparaît peu à peu au grand jour, car les lois qui protégeaient autrefois les intérêts des dominants se retournent actuellement contre eux, tandis que l’opinion publique prend peu à peu conscience qu’on veut lui faire porter le chapeau. Ne pouvant pas se permettre de laisser s’écrouler le château de cartes sur lequel ils sont assis, les riches refusent maintenant d’admettre que le système qui les a placé ici ne les soutient plus, et s’acharnent à vouloir croire encore à leurs propres mensonges. Ils ne peuvent plus continuer comme avant, mais ne peuvent pas non plus s’arrêter là : faire payer les riches, c’est tout simplement mettre fin à leur domination. Et faire payer les pauvres c’est perdre les élections.
L’exemple de la Grèce en est bien la preuve : perdu entre la nécessité de respecter l’illusion démocratique pour être réélu et celle de satisfaire aux exigences des riches qui veulent faire payer le peuple, le premier ministre grec envisage aujourd’hui de se débarrasser du problème en convoquant un référendum. Entrainant la panique sur les marchés, ainsi que les autres chefs d’Etat dans leurs retranchements (jusqu’à leur faire dire publiquement l’irresponsabilité qu’il y a à solliciter l’avis du peuple sur son propre avenir !), le premier ministre grec réalise un joli coup d’échec. Mettant le peuple, les politiques et les financiers face à l’insoluble équation qui les unit dans un système autodestructeur, il leur permet de constater la réalité des faits : le capitalisme est un système injuste et nocif, qui peut détruire en un jour ce qu’il a contribué à construire en plusieurs siècles, la démocratie.
Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Source: attention-crash-mondial.blogspot.com
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