jeudi 2 août 2012

Le Machisme encore et toujours

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2. Video - Elle dénonce le machisme quotidien dans un film en caméra cachée


Info rédaction, publiée le 31 juillet 2012
Un film sur le quotidien des femmes dans la rue
Une étudiante en réalisation a décidé de monter un petit film montrant le quotidien des femmes dans les rues de Bruxelles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est bien difficile d'être une femme, même en 2012. Son travail a alerté les autorités belges qui ont décidé de donner des amendes aux personnes qui manquent de respect aux femmes.
Sofie Peeters est une étudiante en réalisation qui avait pour travail de fin d'études de réaliser un petit film, Femme de la Rue. Installée dans la capitale européenne depuis plusieurs mois, elle a décidé de mettre en avant ce qui l'a choquée en arrivant à Bruxelles : l'attitude des hommes envers les femmes dans la rue, explique Le Monde.
Un malaise social gravé sur pellicule
Evidemment, elle n'a pas déambulé dans les rues belges caméra sur l'épaule, sans quoi les hommes auraient retrouvé tout leur civisme. Elle a décidé d'agir en immersion avec une caméra cachée pour plus de discrétion et de réalisme. La petite promenade est effarante: ses pas sont rythmés aux sons d'insultes, phrases de dragues ridicules ou encore de propositions sexuelles tout aussi imagées qu'indécentes.
Abordée à plusieurs reprises certains ne cachent absolument pas leurs motivations :"Je vous offre un verre, chez moi la maison, bien sûr pas dans un café. L'hôtel, le lit, tu connais, direct..." Et ce n'est pas un phénomène nouveau car depuis qu'elle réside à Bruxelles, Sofie est quotidiennement interpellée de de la sorte, entre cinq et dix fois par jour.
Au début dit-elle, elle se demande si c'est ce n'est pas de sa faute, d'autant que certains commentaires insistent sur ce point. "Au début, on se dit: 'c'est moi ? Mes vêtements?' Mais en faisant ce film de fin d'étude, j'ai compris que ce n'était pas juste moi, mais beaucoup de filles qui ont ce problème". Comme si cela ne suffisait pas, cette attitude semble tout à fait normale à certains de hommes qui manquent cruellement de galanterie : "Si tu donnes envie, c'est normal non?".
La réaction du gouvernement
Son film, Femme de la Rue, a été projeté jeudi 26 juillet et fera le tour des festival afin d'alerterl'opinion. La projection a provoqué un large débat national sur la question du respect des femmes et du harcèlement quotidien qu'elles subissent.
Le petit film a également alerté les autorités belges qui ont décidé de punir les personnes qui insultent les femmes. Philippe Close, échevin (adjoint au maire) à la commune de Bruxelles a déclaré sur le plateau de la RTBF que dès septembre 2012, ce phénomène "absolument scandaleux" sera sous réprimé par la loi. "Ceux qui ne veulent pas comprendre seront poursuivis. Alors on ne verbalisera pas toutes les injures évidemment mais le fait de commencer à dire "si vous insultez vous risquez une amende que vous devrez payer (...)  servira de rappel des règles du bien-vivre ensemble".
Ilse Van der Keeren, porte-parole de la police bruxelloise, rappelle auprès du 20 minutes que "les femmes victimes de harcèlement sexuel et d’insultes doivent aller porter plainte afin que la police soit en mesure de commencer une enquête" et que "toutes les plaintes sont prises en considération".
Des accusations de discrimination raciale
Cependant, le film et le reportage ont créé une certaine polémique sur le caractère potentiellement racistes des déclarations. Car la jeune femme réalise ce documentaire dans le quartier où elle habite, qu'elle définit elle-même comme "défavorisé et où vit une importante communauté maghrébine".
Sofie a répondu à ces accusation au micro de la chaîne VRT en déclarant que "c'était l'une de mes grandes craintes, comment traiter de cette thématique sans tourner un film raciste ? Car c'est une réalité : quand on se promène à Bruxelles, 9 fois sur 10, ces insultes sont proférées par un allochtone (littéralement "terre d'ailleurs", ndlr). Mais ces personnes ne sont pas du tout représentatives de la communauté maghrébine." 

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